Pyrénées 2009 Mardi 13 Octobre

Allez ! Debout là d'dans ! C'est l'heure des braves ! Que "Diable !"
Eh oui, c'est à nouveau moi !biggrin biggrin biggrin biggrin biggrin ...........
Il est donc 8h du matin au moment de notre premier vrai réveil ! Le temps de papoter, de faire notre toilette, de déjeuner, en fait, de prendre notre temps avant les hostilités que nous savions terribles. Que voulez-vous, il est humain de retarder, même inconsciemment le moment pénible que vous allez devoir affronter ! Mais nous étions, encore à cette heure matinale, très décontractés, insouciants et plutôt très bavards ! (encore une preuve de déni ! au sens psychanalytique du terme cf : définition du Petit Robert Edition 1967). Mais le temps passe et les gorges commencent à se serrer. Vous avez soif ? Eh bien, buvez, mais cela ne vous enlèvera pas votre appréhension, si petite soit-elle. Eh puis, flûte ! Vivement le départ ! Ah ! Cela tombe à pic ! Il est 9 heures45 ! Les vélos sont préparés sur la terrasse, les vérifications exécutées, les va-et-vient en "trompe l'angoisse" forment comme un ballet très bien chorégraphié entre le mobil-home et les vélos. Et puis le moment tant attendu mais aussi redouté, le départ, à pied jusqu'à l'entrée du camping. C'est alors que commencent les hostilités ! Oh ! pour le début, ce ne sont qu'une poignées d'hectomètres tout en descente jusqu'à Louvie-Juzon. Virage à gauche et direction Laruns. Une dizaine de kilomètres, histoire de se mettre en jambes. Il fait frais malgré l'heure avancée de la matinée. Les cyclistes moulinent afin d'apporter le plus vite possible un peu de chaleur dans ces jambes - chaudes de la nuit - mais froides de la descente assez raide ! Et dire qu'il nous faudra faire le même trajet pour le retour. La pensée est rapide, personne ne dit rien, mais nous pensons tous à cette dernière montée avant de retrouver notre hôme. Mais cela est une autre histoire.A Laruns, petite halte. Eric, en bon capitaine, va voir la météo affichée. Nous en profitons pour souffler. Dame ! Il a fallu pousser sur les pédales car Laruns se situe sur un "promontoire". En d'autres termes, sur une hauteur. Eh ! Pardi ! Un vélo, ça n'avance pas tout seul !
Je vous donne rendez-vous demain pour la suite de ce récit....cool eek wink wink wink wink cry cry cry cry cry cry
Et me voilà ! Inutile de préciser l'heure à laquelle je prends la plume ! L'essentiel n'est-il pas que je sois au rendez-vous ?
Donc, qui nous revient de sa lecture instructive du matin ? C'est Eric qui arbore un sourire radieux. En effet, la météo locale prévoit un temps ensoleillé et sans vent pour toute la journée. Nous nous réjouissons de cette belle et grande nouvelle et nous enfourchons nos fougueux destriers. 4 kilomètres nous séparent d'un embranchement en Y. A gauche, c'est le col d'Aubisque ; à droite, c'est le col du Pourtalet. Et pourtant, nous nous arrêtons pour lire, admirer et commenter les deux panneaux qui s'offrent à nos yeux. Celui de gauche a un air de défi terrible à la simple vue de la pente qu'il nous présente. Nous en dirons plus dans le commentaire de demain concernant la deuxième ascension de notre périple dans les Pyrénées...Celui de droite, plus doux, nous présente une ascension moins raide. Or, en y regardant de plus près, nous avons pu lire : ce col n'est pas difficile en lui-même. Sa difficulté réside dans la longueur de son ascension. En effet, 30 kilomètres sont prévus au menu avec des dénivelées allant de 1 à 8 %. Fort heureusement pour nous, le départ est tout en douceur : 3 kilomètres avec une moyenne de 1%. C'est tout ce qui peut plaire à notre président. Mais les choses se gâtent à partir du 4 ième kilomètre. Mais ne mangeons pas tout de suite le dessert !
Avant d'enfourcher à nouveau nos montures, et pour essayer de grappiller encore quelques minutes avant le début des hostilités, nous avons eu la bonne idée de nous débarrasser des quelques litres supplémentaires que pouvaient contenir notre vessie. Cette phase de l'ascension n'a pas été immortalisée par le photographe, pudeur oblige !
Messieurs, vous êtes prêts ? Alors il est temps de partir ! Les ordres du capitaine ne tolèrent pas de contestation. Dociles comme des moutons qui vont à l'abattoir, nous suivons notre Eric. Capitaine ! Il l'est par les pouvoirs que nous lui avons abandonnés, mais surtout par sa fidélité auprès de nous tout au long de ce premier jour. Son allure est quasiment calquée sur la notre. Ses paroles encourageantes nous stimulent, ses précisions concernant les difficultés à aborder et ses conseils sont autant de points de repères pour nous permettre de gravir les pentes du col du Pourtalet avec le maximum d'efficacité. Merci encore à toi, Eric. Cette ascension, difficile, longue, nous a paru plus douce en ta précieuse compagnie. Mais alors, me direz-vous, que fut cette terrible ascension ? 
Un calvaire pour certains, une épreuve redoutable pour d'autres, et pour tous, un moment de très grande humilité face aux Pyrénées. Bien sûr, comme je vous le disais plus haut, les premiers kilomètres ont été avalés avec de la bonne humeur, des plaisanteries et même des phrases du type : "une ascension comme celle-là, pas de problème. Pour le moment, c'est bon". Connaissez-vous la fable du chêne et du roseau ? Le fabuliste en arrive au dénouement : "comme il disait ces mots, du bout de l'horizon accourt avec furie le plus terrible des enfants que le nord eu portés jusque là dans ses flans.... " Eh bien, c'est tout simplement ce qui nous est arrivé. Le long passage à 1 % a fait place à un petit mur de 4 %. A ce moment là, nous avons pu nous rappeler les instants précédents. La forêt, la vallée qui se réveille tout doucement sous le soleil qui monte lentement au dessus des cimes, et puis ce bruit, oublié par nous, qui monte des gorges sauvages. La Neste est belle, capricieuse sous les accidents du terrain. Les rochers sont autant d'obstacles dont elle se joue en sautant par dessus et en retombant en cascade. Là, de belles vasques bleues nous invitent à la baignade tant l'eau est claire, limpide et reposante. Et puis, par endroits, c'est un écoulement plus doux. Le terrain, en pente douce l'invite à se reposer quelque temps. Oui, les Pyrénées nous ont charmés ! Mais pendant ce temps là, la Méditerranée, qui se trouve à deux pas, joue avec les galets. Ah, flute, me voila en train de divaguer. Je m'exalte, j'oublie, et j'aperçois soudain l'ombre de mon profil sur le mur du jardin. Là encore je déraille ! (vous avez reconnu Charles Trenet et Cyrano de Bergerac ! J'en suis persuadé !). Et rien qu'en pensant à tout cela, la pente s'est accentuée, nos jambes l'ont ressenti et notre respiration a pris son rythme de croisière. Il n'y a désormais plus la place pour les rigolades...Mais quel plaisir, malgré tout, de fournir un effort qui nous conduit inexorablement vers le sommet. Nous ne sommes pourtant pas au bout de nos surprises. Au détour d'un bon virage en épingle à cheveux, nous pouvons contempler la vallée que nous avons quittée. Les senteurs sont bien celles d'une forêt avec ses essences particulières. Les couleurs se mettent à vivre au fil de l'ascension. Une pente beaucoup plus douce nous permet de reprendre des forces. Un bon kilomètre, ça n'est pas à dédaigner ! Les 4, 5, 6, 7 et 8 % défilent sous nos coups de pédales répétés. C'est long, 30 kilomètres ! c'est dur de pédaler sans arrêt pendant tout ce temps là ! Mais la magie des Pyrénées s'opère ! Les lointains sont tout ce qu'il y a de plus beau, de plus magnifique ! Les couleurs, certes, mais surtout cette vue quasi continuelle sur la chaine de ces montagnes. Les sommets que nous apercevons ne sont pas hauts, mais ils sont là, présents, et ils nous racontent toute leur histoire passée. Leurs sommets sont arrondis ou en pics, mais toujours cette présence de verdure et de forêts. Les pâturages, au loin, laissent filtrer les sons cristallins des cloches des vaches  ou des moutons qui paissent. Et c'est alors que nous débouchons sur une immense plaine glacière recouverte d'herbe bien verte, saupoudrée de magnifiques blocs de pierre et ceinturée par une chaine de montagnes splendides. Oui, c'est vraiment cela la magie des Pyrénées ! Et puis, sur la route ? Un troupeau de vaches ! Oh, ces dames ne se sont pas affolées. Elles nous ont regardé passer et repasser. En effet, séance de photo oblige, et, à vrai dire, nous venions de trouver un coin idéal pour manger sur l'herbe. Il était temps ! Nos estomacs criaient famine ! Assis sur les rochers, face au généreux soleil de midi, nous avons savouré un repas digne des Rois ! Mesdames les vaches nous ont fait l'honneur de leur visite en venant brouter l'herbe près de nous et en reniflant les vélos posés à même le sol. Les forces nous sont revenues et nous avons entamé les derniers kilomètres qui nous séparaient encore du sommet du col. Un redémarrage en douceur avec un capitaine omni présent. La route est belle. La traversée de ce cirque glacière a permis une remise en jambe salutaire. Puis la pente s'est à nouveau accentuée. Mais le moral était là. Nous sommes passés sous une succession de paravalanches. Ce sont des tunnels artificiels qui protègent la route, ... des avalanches, cela va sans dire. Les fenêtres ouvertes sur la plaine sont autant de magnifiques tableaux. Pensez donc ! A travers une cascade, sous le tunnel, nous apercevons la vallée en contrebas. Le tableau est tellement beau que nous nous arrêtons pour prendre la photo. Et vlan ! on en profite pour souffler encore un peu avant l'assaut final ! Le col est enfin atteint ! 1794 m d'altitude avec un départ de l'ascension à 525 m au fameux embranchement en Y ! Nous passons sans encombre en Espagne et nous prenons une bonne boisson chaude offerte par Eric. Nous revivons cette longue ascension non sans une petite pointe d'orgueil. Il fallait la faire ! Il fallait les avaler ces 30 kilomètres ! Eh bien, nous l'avons réalisée ! Et nous en sommes fiers ! Mais il faut penser à redescendre. Conscients du danger que peut représenter une telle descente, nous nous suivons à plus de deux mètres les uns des autres. Et dire que nous avons gravi cela ! C'est dans la descente que l'on mesure la réalité de la difficulté. Nous arrivons au fameux Y que nous regardons en passant, sans nous arrêter, et nous continuons notre route vers Laruns puis vers Louvie-Juzon. Là, rappelez-vous ce que je vous disais ! Quelques hectomètres en descente !!! Eh bien, malgré la fatigue, nous avons dû la gravir cette p.... de côte ! Et nous y sommes arrivés ! Mais quelle galère ! Le point final de la "promenade", ce fut l'arrêt à l'entrée du camping. Nous avions alors bouclé une sortie de près de 90 kilomètres, rien que cela !
Nous sommes descendus de nos vélos que nous avons poussés jusqu'à notre mobil home. La porte ouverte, nous avons savouré la chaleur qui régnait à l'intérieur. Et puis ce fut le passage sous la douche. Certains se sont même fait chronométrés ! Histoire de faire comprendre à certains autres qu'ils étaient lents, pour ne pas dire très lents ! La table fut dressée pour le repas du soir. Les plats ont été préparés par Alain 2, Jacques n'ayant qu'aidé à la confection de la soupe. Un régal ! ce repas du soir. Et là, je vous le donne en mille ! Les langues se sont déliées et sont allées bon train ! Nous avons tout revu en détail, tout revécu ! De la moindre souffrance au plaisir des yeux et de la découverte. Jacques a proposé une séance de massage suivie d'une séance de stretching (étirements des muscles afin de leur redonner de la souplesse). Personne ne s'est défilé ! Mais quel bien être ! Et puis il a bien fallu se séparer, chacun rejoignant sa chambre. Les directives pour le lendemain : réveil 8 heures, petit déjeuner, et départ comme aujourd'hui à 10 heures. Mission : ascension du col d'Aubisque. Tout était dit, et je vous promets que nous n'avons pas entendu un bruit moins de 5 minutes après l'extinction des feus. "Chut plus de bruit c'est la ronde de nuit..."wink wink cool cool cool smile eek
A bientôt à vous sur le prochain commentaire qui nous amènera sur les pentes du col d'Aubisque.