Pyrénées 2009 Jeudi 15 Octobre

Il est 8 heures ! Le réveil sonne ! Des voix s'élèvent des différentes chambres ! Les cyclistes ont répondu à l'appel !
Petit déjeuner copieux, comme les deux jours précédents. Toilette fignolée. Préparatifs du casse-croûte de midi. Vérifications minutieuses des vélos, gonflage compris.
Il est maintenant 9h20 ! Nous arrimons nos machines sur la remorque et nous prenons place dans le C Max.
Nous sommes calés dans nos sièges confortables et nous profitons goulûment de cette occasion de nous déplacer sans effort !
Mais, complot ou ironie du sort ? A la sortie du camping, nous tournons à gauche ! Tiens, tiens, cela ne vous rappelle-t-il rien ?
Oh que si ! La veille, nous sommes arrivés par cette route. C'est, comme toujours, je me répète, dans les descentes, que l'on se rend compte de ce que l'on a monté. Et ce matin, cela n'a pas loupé ! D'une voix unanime, nous nous sommes exclamés : "comment ? nous avons grimpé cette côte" ?
Oui Messieurs. Mais finalement, elle était bigrement longue ! Plus de deux kilomètres !
Enfin, le C Max allant plus vite que nos pauvres jambes, et après le trajet en sens inverse de la balade d'hier, nous arrivons à Nay. Le temps de décrocher nos vélos, et nous voilà partis pour la promenade de santé de cette encore très belle journée. La route est belle à souhait, bien revêtue et sans trop de faux-plats. Au kilomètre 6.850, nous nous arrêtons pour un besoin naturel et commun à de nombreux cyclistes. Nous sommes alors au pied d'une côte qui nous parait tout à fait accessible. Au moment de repartir, petite frayeur due à des automobilistes qui nous croisaient et qui nous dépassaient. Se souvenant de l'accident de son fils Gilles, Alain 1 a eu une très grosse peur. Comment reprendre alors la route dans de bonnes conditions ? Alain 2 et Jacques, un peu en avant, ont continué sur leur lancée. En bon capitaine, Eric a senti l'appréhension d'Alain 1. Il est donc resté en sa compagnie tout au long de cette longue, très longue, trop longue ascension. Pensez donc ! Partis avec la vitesse zéro, il nous a fallu gravir une pente de plus de deux kilomètres de long. Elle n'en finissait pas de monter. Chaque virage nous laissait croire à la fin du calvaire, et chaque sortie de ces mêmes virages nous dévoilait la continuation de la montée. Et quelle montée ! Si elle avait été gentillette ! Passe encore ! Mais non, il a fallu qu'elle nous montre que nous devions mériter notre "promenade". Non pas la promenade tranquille du Dimanche, mais celle que nous nous étions imaginés, agréable, sans trop de difficultés. Au sommet de la côte, Alain 1 a eu un besoin urgent de massage. A la limite de la tétanisation tant les efforts fournis avaient été importants. Ajoutez à cela l'angoisse du départ, sa peur au redémarrage, et vous comprendrez aisément qu'il avait effectivement besoin de réconfort. Il l'a déjà eu, ce réconfort, grâce à la présence d'Eric, mais le capitaine, tout capitaine qu'il soit, ne pouvait physiquement pas pédaler à sa place. Alors, chapeau à toi, Alain 1 pour cet exemple de volonté !
Et puis, le mauvais cap passé, nous nous sommes remis en selle. La suite du parcours s'est déroulée dans d'excellentes conditions. Nous avons pu, à loisir, profiter du paysage, des grandes prairies, des habitations, des vaches paissant dans les prés et de certaines magnifiques propriétés. Il était alors 12h15 environ. Eric s'est donc mis en recherche d'un lieu pour le repas champêtre. Nous avons quitté le grand axe et nous nous sommes dirigés vers un lotissement. Après quelques virages au milieu des habitations, Eric nous a déniché, sur notre droite, dans un pré, à l'abri de la petite bise, un endroit IDEAL pour casser la croûte. Vélos rangés sur le bord du chemin, nous nous sommes installés, confortablement assis sur l'herbe fraîche (en fait elle était mouillée, mais qu'importe !), et nous avons sorti de quoi manger. Alain 2 nous avait préparé une salade de riz au poulet. La sauce était de la fabrication de Catherine, femme d'Alain 1. Ce fut un véritable régal.
Et, dans cette torpeur toute nouvelle pour nous, nous ne pensions plus au vélo, aux ascensions, aux faux-plats traitres et assassins. Nous nous sommes perdus dans des limbes où chaque minute, chaque sujet abordé nous éloignait du but de notre sortie. Mais au fait ! Ce but n'était-il pas de se faire plaisir, de pédaler sans souci, de profiter d'une véritable sortie de cyclotourisme ? Les sujets abordés lors de notre repas furent nombreux et variés. Celui qui nous a tenu le plus en haleine fut la grande démonstration de Alain 1 concernant les chevaux. Et croyez-moi, il en connaît un rayon, le père Alain ! Ce fut très intéressant et fort instructif. Au dessus de nos têtes se sont mis à planer deux superbes buses "pyrénéennes" (sont-elles vraiment à part ? Je ne sais, mais ce que je peux dire c'est qu'elles plainaient avec une élégance rare).
Alain 2 s'était allongé, les bras derrière la tête. Il semblait nous écouter. En fait, il nous a avoué qu'il était sur le point de s'endormir !...Jacques s'est mis à parler de l'ascension du col de Marie Blanque, que nous ne pourrions pas effectuer, vue l'heure tardive...C'en était trop ! Eric a bondi (verbalement) en prenant la perche tendue. "Lorsqu'il y a un défi, je le relève !" a-t-il répondu à ce Jacques, empêcheur de tourner en rond. Eh bien soit ! L'heure de lever le camp était raisonnable. Lourdes ne se trouvait plus qu'à quelques coups de pédale sur un tracé très doux et roulant. Arrivés à bon port, nous avons dû descendre afin de prendre une boisson chaude réparatrice. Nous nous sommes installés à une terrasse de café, face au soleil. Nous étions bien. Et puis il a fallu repartir ! Eh oui, si nous sommes descendus pour nous désaltérer, il nous a fallu remonter pour retrouver la route qui devait nous ramener sur Nay. Tout en haut de la côte, arrêt forcé : un train arrivait en gare. La photo prise par Eric en témoigne. De nouveau sur nos coursiers, nous nous éloignons de ce site. Nous pédalons avec aisance en alternant les faux-plats. Mais le paysage est tellement beau, le bruit des Gaves ou des nestes tellement agréable, que nous parcourons sans trop de fatigue les quelques kilomètres qui nous séparaient de notre point de chute. Nous venions de réaliser une sortie de 52 kilomètres. Les vélos furent prestement rangés sur la remorque, et nous voilà partis en direction de Laruns, au pied de Marie Blanque.
Jacques, pris au piège par la réaction de son capitaine, s'est donc vu obligé de décrocher son vélo et de le suivre. Le départ fut tranquille. La côte s'est dévoilée plus agressive au fil des hectomètres, si bien qu'après un petit kilomètre, nous nous sommes retrouvés sur des pentes de 7 et 8 % sur 7 kilomètres. Bien sûr, cela a été dur. Bien sûr, le "zigomar" ne s'est pas plaint. Mais il a sué, le petit. Les deux Alain, dans le C Max, ne manquaient pas de le réconforter, de l'encourager. Puis, à un détour de virage, le summum ! Un troupeau de moutons descendait la route. Bien dirigés de la voix et du sifflet, les chiens nous ont frayé un passage. Aucun besoin, ni de freiner, ni de faire un écart ou de s'arrêter. Un grand merci à ce berger et à ses chiens. Jacques se voyait mal être obligé de mettre pied à terre ! ...Le troupeau dépassé, Eric, lui, tournait les jambes à sa cadence, si bien que, dès qu'il avait 50 à 100 m d'avance, il faisait demi tour pour se retrouver à la hauteur de son compagnon d'échappée. Les virages se succédèrent aux virages, les lacets aux lacets. Et quelle vue sur la plaine ! C'est en la découvrant que nous nous apercevions de la réalité du pourcentage de la pente. Et puis nous nous sommes engagés dans une série de plus longues lignes droites jusqu'à l'arrivée sur le plateau du Benou. Quelle joie de pouvoir alors se relever, se redresser sur le guidon et de contempler une vaste étendue herbeuse ceinturée par une chaîne montagneuse d'une splendide beauté. Mais quel plaisir aussi de se rendre compte que, sur près d'un kilomètre huit cents, la route sinuait sur ce magnifique plateau en faux-plats descendants. A gauche puis à droite, vaches, chevaux et ânes paissaient tranquillement. Au bout de la ligne droite, début du retour des hostilités. La pente se redresse. Il faut alors reprendre le rythme d'une ascension. Au compteur, il ne reste plus que 4 kilomètres, à 100 m près. Nous passons dans la forêt. La fraîcheur se fait sentir. Heureusement, nous pédalons avec énergie et les copains sont là pour nous donner (pour donner à Jacques devrai-je dire) le réconfort de leur présence. Le profil de la montée devient plus agréable. Est-ce parce que nous sommes chauds ou bien parce que la pente se radoucit ? Un peu des deux. Les jambes tournent avec plus d'aisance, la fréquence de pédalage s'élève. Sans fatigue apparente, nous nous lançons dans une course poursuite sur les derniers hectomètres. Merci à toi, Eric, d'avoir été si persuasif dans la conduite des opérations. Une ascension à deux, avec des copains qui vous aident de la voix et du geste, c'est vraiment EXTRA ! L'heure d'arrivée au sommet ne nous a pas permis d'envisager raisonnablement le retour en vélo. La fraîcheur non plus, d'ailleurs ! Les vélos furent donc raccrochés et nous voilà repartis vers Louvie-Juzon, tous heureux d'avoir passé une si belle, si bonne et si agréable journée. Nous connaissions bien la route du retour. Dame ! C'est celle que nous avions empruntée la veille en revenant des cols d'Aubisque et du Soulor ! Vous savez ? Cette fameuse longue et pénible montée juste avant de basculer, pendant 300 m, sur le camping ! Eh bien, c'est fait. Notre séjour prend fin avec cette dernière balade. Le repas du soir fut animé et jovial. Les moments passés revus, racontés et analysés. Et puis ce fut le temps du coucher. Mais les langues allaient encore bon train. Il fallait que nous gardions bien en nous les souvenirs de ces trois très bons jours de vélo dans des Pyrénées accueillantes, belles et sauvages. La Magie de ces montagnes ! Elle a opéré, oh que oui ! Les deux Alain sont tombés sous le charme. Le rendez-vous est déjà pris pour l'année prochaine. Mais, cela, je l'ai déjà dit dans un compte rendu.
Sommets arrondis et verdoyants, vastes prairies herbeuses à souhait pour des troupeaux variés, magnifiques bêtes paissant tranquillement, et puis, surtout, la beauté des paysages dès que l'on monte un peu, le chant des Gaves ou des Nestes qui courent dans la montagne et qui enchantent le randonneur. Merci à vous, mes Pyrénées, de vous être montrées sous ce si beau jour. Alors, avec Alain 1, notre président, nous pouvons, d'une seule voix, entonner ce chant :
Montagnes, Pyrénées, vous êtes mes Amours, oui mes Amours.
Cabanes, fortunées, vous me plairez toujours, oh oui toujours.
Rien n'est plus beau que ma Patrie, je suis heureux de cette vie
Oh, montagnards, chantons en coeur, de mon Pays, de mon Pays, la Paix et le Bonheur......
Au revoir à tous et encore un immense et chaleureux merci à notre dévoué capitaine, Eric, sans lequel ce séjour n'aurait pas été ce qu'il a été.
A l'année prochaine pour de nouvelles aventures pyrénéennes, et à la découverte d'autres vallées.
Votre dévoué serviteur.